gazz à effet de serre
Vie pratique
Activé 19/05/2021 • 5 min

Gaz à effet de serre : comment réduire les émissions de mon logement ?

S’il y a bien une problématique qui bouleverse notre société de nos jours, c’est celle du réchauffement climatique. Véritable fléau engendré par l’industrie qu’est l’Homme, il risque d’altérer irrémédiablement l’équilibre de la Terre s’il n’est pas limité à 1,5 °C. Et pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de remettre en question nos manières de vivre. Entre transports, alimentation ou loisirs, les thématiques où il est possible de se raisonner sont nombreuses. Mais celle qui va être abordée ici n’est autre que le secteur du logement, l’un des postes les plus émetteurs de gaz à effet de serre en France.

Moins émettre, c’est possible

En 2019, le secteur résidentiel-tertiaire représente 18 % du total national d’émissions de gaz à effet de serre, et les deux tiers sont dus aux logements en eux-mêmes. Si les transports (31 %) et l’agriculture (19 %) restent devant, le résidentiel se place tout de même en troisième position, ce qui rend le fait de réduire son empreinte écologique particulièrement sensé.

Et diminuer son impact, c’est possible : en 27 ans, les émissions de CO2 liées au secteur du logement ont diminué de 16 %. Comment l’expliquer quand l’on sait en plus que, dans cet intervalle de temps, les surfaces des logements ont augmenté ? Plusieurs facteurs apportent une réponse. Les habitations, soumises aux nouvelles réglementations thermiques, sont mieux isolées : elles consomment ainsi moins d’énergie pour le chauffage ou la climatisation. Les énergies utilisées sont moins émettrices : le gaz et le fioul sont moins employés au profit d’énergies plus neutres, comme l’électricité ou le bois. Les équipements internes aux logements, notamment l’électroménager, sont également moins énergivores.

Mais surtout, ce sont les comportements qui ont changé et se sont adaptés : les chauffages sont réglés à des températures moins élevées, les lumières éteintes quand l’on quitte une pièce … Et cette dernière observation est une bonne nouvelle, puisqu’elle montre que oui, il est possible de vivre aussi bien tout en consommant moins – et donc en émettant moins.

Quels gestes adopter pour moins consommer ?

Le chauffage

86 % des émissions d’un logement proviennent du gaz ou du fioul utilisé pour se chauffer ou produire de l’eau chaude sanitaire. Le premier geste à adopter est donc de changer son mode de chauffage, et de passer à l’électricité ou même, mieux, au bois. Les chiffres parlent pour eux-mêmes : pour 15 000 kWh consommés par année, on émet 4,5 tonnes de CO2 avec du fioul, 3,15 tonnes avec de l’électricité et 0,63 tonnes avec un poêle à granulés. Utiliser une pompe à chaleur est également une bonne alternative, cet équipement produisant 3 à 4 fois plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Il est également important de régler sa température de chauffage sur 19 °C, celle-ci étant le juste milieu entre consommation et confort. Attention, il serait faux de croire que la monter ne serait-ce que d’un degré ne changerait pas grand chose, puisque la consommation augmenterait de 7 à 8 % !

Bien sûr, avoir un mode de chauffage écoresponsable se doit d’être complété par une bonne isolation : un logement perd jusqu’à 25 % de sa chaleur par les murs et 30 % par le toit. Renforcer l’enveloppe externe de l’habitation par une bonne isolation est donc primordial. Si cela peut paraitre difficile à mettre en œuvre sur de l’existant, cela est tout à fait possible en s’aidant de bons professionnels, et c’est indispensable sur les nouvelles constructions. Le mieux est d’utiliser des matériaux biosourcés, c’est-à-dire provenant de sources animales ou végétales, donc naturelles : chanvre, lin, paille… Prioriser les circuits courts – les acheter le plus local possible – rend la chose encore plus intéressante, puisque cela réduit le transport des matériaux et donc les émissions de gaz à effet de serre dues à leur énergie grise. Pour les ouvertures, le double vitrage est le minimum, le triple vitrage étant idéal.

En ce qui concerne l’eau, il est également possible de se raisonner. Régler la température du chauffe-eau entre 55 et 60 °C est un bon début. Limiter au maximum, voire arrêter totalement les bains est une bonne idée, mais se doit d’être complété par l’utilisation d’un pommeau de douche économe. Utiliser un lave-vaisselle est aussi une bonne initiative puisque, contrairement à la croyance populaire, laver sa vaisselle à la main est plus gourmand en eau.

Les équipements

Pour votre électroménager, préférez des appareils de classe A+++, qui consomment en moyenne 20 à 50 % moins d’énergie que ceux de classe A+. De manière générale, préférez les équipements dont la catégorie de consommation se rapproche le plus possible du haut de l’alphabet. Ne placez pas les appareils producteurs de froid – réfrigérateur et congélateur – à côté de sources de chaleur (four, grille-pain … ) car cela fait augmenter leur production de fluides frigorigènes, ces derniers représentant 11 % des émissions d’un logement.

Les ampoules LED, si elles sont plus chères à l’acquisition que les halogènes, sont en revanche bien plus rentable. Avec une durée de vie de 30 ans – contre 3 ans pour les halogènes – et une économie de 85 % d’énergie, les LED sont de loin les plus intéressantes d’un point de vue écoresponsable – en plus d’être plus rentables. Et bien évidemment, éteindre la lumière quand l’on quitte une pièce est un geste nécessaire.

Enfin, ne laissez pas les appareils en veille quand vous ne les utilisez pas, car ils consomment tout de même de l’énergie. Dans la même veine, débranchez les chargeurs quand ils ne sont pas en fonctionnement, pour la même raison. Même si ces dernières actions n’entraînent des économies que peu impactantes, elles importent tout de même. Car de nos jours, chaque petite action peut peser dans la balance si elle est répétée à grande échelle.